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"L'eau pour tous" - introduction au dialogueAvec l’eau, nous avons affaire à l’émergence de nouvelles régulations pour les biens publics. C’est le premier domaine pour lequel des idées sur la gestion des biens publics à l’échelle mondiale émergent. Contexte Les chiffres montrent une importante crise de l’eau : 1,5 milliards de personnes vivent sans accès à l’eau potable. Plus de deux personnes sur six manquent de bon assainissement, soit 2,6 milliards de personnes. 3900 enfants meurent chaque jour de maladies liées à l’eau (OMS 2004). Il y a des inégalités importantes dans l'utilisation de l'eau. En Amérique du Nord et au Japon, l’usage de l'eau par habitant dans les secteurs résidentiels est de 350 litres, 200 en Europe, contre 10-20 litres en Afrique sub-saharienne. Les organisations de la société civile dénoncent l'inefficacité de la communauté internationale au cours des trente dernières années, et des politiques qui ont rendu l'eau plus rare, tandis que les institutions parlent du manque de gouvernance mondiale de la ressource, montrant aussi la croissance démographique du doigt. En 2005, les réactions de la société civile aux “privatisations” des services de l’eau en Amérique Latine ont été fortes et pour la première fois en 2006, à l’occasion du Forum de l’eau à Mexico, des acteurs du secteur privé et des représentants de gouvernements ont reconnu que le modèle de partenariat Public – Privé n’était plus la solution unique. De leur côté, les Nations Unies ont défini Les Objectifs du Millénaire pour le Développement avec comme Objectif 7 Cible 10 pour 2015 : “Réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable”. Tous ces acteurs débattent depuis de nombreuses années sans toutefois trouver de point d’accords et les solutions ont dû mal à voir le jour. Il est important pour les parties prenantes de comprendre ce qui les oppose avant de trouver des directions vers lesquelles ils pourraient s’acheminer ensemble. Cette confrontation semble être due pas uniquement ou seulement aux différences idéologiques, mais aussi parce que les besoins des plus pauvres ne sont généralement pas pris en compte avec l’attention et le sens de l’urgence qu’ils devraient. Activités du groupe eau en 2005A la différence d’autres processus de médiation exploratoire, ce processus a été initié à la demande d’une institution, l’Agence Française de Développement (AFD). Une réunion a eu lieu le 4 novembre 2005 à Paris sur le thème : “L’eau pour tous au vingt-et-unième siècle”, avec la participation de 20 personnes des secteurs suivants : agences de coopération et de financement, autorités publiques, universités et recherche, secteur privé, coalitions de la société civile, organisations non gouvernementales. Objectifs 1 - Engager le dialogue d’une majorité d’acteurs impliqués sur les enjeux liés à la gestion de l’eau pour comprendre la vision et l’analyse de chacune des parties prenantes. 2 - Dégager des points de divergences et de consensus éventuels au regard de la politique internationale sur l’eau et sa gestion. 3 - Envisager des solutions et/ou des alliances entre acteurs et replacer le débat dans l’optique de la conférence de Mexico en 2006. Résultats obtenus Selon l’évaluation faite par les participants, il y a eu une bonne qualité d’écoute et de dialogue, et une reconnaissance générale du rôle et de l’existence de chaque type d’acteurs. Les domaines de consensus sur l’Eau étaient plutôt larges pendant les discussions modérées par BI. Les participants se sont accordés sur les points suivants : L’eau est un bien public, dont la propriété appartient aux autorités publiques L’eau est un bien commun Il faut se poser la question du financement de l’accès universel à l’eau Il y a une diversité de modèles qui marchent ou peuvent marcher Il faut être imaginatifs, créatifs, pour inventer des solutions Le principal point de désaccord concernait la question de l’exemption de paiement. L’analyse des causes du manque d’efficacité du secteur public dans les pays en développement, ainsi que le contenu du modèle PPP étaient aussi l’objet de discussions. Les organisations de la société civile ont proposé la reconnaissance de l’eau comme droit humain, comme bien commun avec l’idée d’un Contrat Mondial de l’Eau. Tous les participants étaient demandeurs d’un échange d’expériences sur des pratiques intéressantes (succès ou échecs) et sur les types de partenariats entre acteurs. Ils ont aussi demandé à ce qu’il y ait plus de participation des populations du Sud et des quartiers pauvres lors des prochaines réunions. Plusieurs thèmes de discussions ont été proposés pour approfondir le dialogue : la question du financement de l’eau, la question de la gratuité de l’eau. Les organisations de la société civile aimeraient faire une évaluation des pratiques 1/ de la coopération française 2/ des institutions multilatérales comme la Banque Mondiale. Il existe suffisamment de terrain pour que le groupe aille plus loin dans le dialogue.
Activités en 2006Pour répondre aux attentes des participants à la rencontre du 4 novembre 2005, la réunion de 2006 s’est basée sur l’expérience de pays confrontés aux problèmes de l'accès et de la distribution d'eau pour faire réfléchir les participants aux solutions possibles. Deux pays ont été choisis pour amorcer les discussions entre acteurs : le Maroc, qui présente une diversité de modèles de gestion de l’eau et le Mali pour ouvrir la discussion sur le prix de la gestion de l’eau et sur la gratuité tout en présentant ses modèles de gestion. Objectifs Pour Bridge initiative, les acteurs concernés dans un domaine doivent être impliqués dans l’identification des problèmes et les recherches de solutions. À travers ces rencontres, Bridge initiative essaie de réunir suffisamment de diversité de point de vue pour permettre : 1- la confrontation d’idées 2- l’identification de points de rapprochements possibles et la confirmation de points de désaccords 3- la conclusion de l’exercice par la volonté de prolonger ce dialogue et la proposition d’actions concrètes à réaliser en commun. Participants La deuxième rencontre a permis de trouver une meilleure représentativité avec la participation d’acteurs suivants : -Les consommateurs -Les acteurs de terrain avec la présence du Mali et du Maroc -Les ONG anglo-saxonnes -Les institutions internationales Au total 22 participants étaient présents et les débats ont surtout permis d’échanger sur le financement de l’accès à l’eau et la gestion de l’eau. Résultats obtenus La majorité des participants a été satisfaite de cette réunion même si les objectifs de départ n’étaient pas suffisamment clairs. Plusieurs participants ont appris quelques choses et/ou ont entendu des vérités qui les ont surpris. Les dialogues multi-acteurs sont nécessaires et utiles même si les changements ne sont pas réellement perceptibles. Il existe un intérêt pour rapprocher les visions et mieux se comprendre On s’est approché d’un accord sur la question du financement (subvention de l’accès et non plus de la consommation) L’idée de créer un comité de préparation de prochaines rencontres a été approuvée par une large partie des acteurs, tout comme la visite de terrain d’un comité restreint. Dans le même temps, plusieurs acteurs ont mentionné leur frustration sur la question du droit a l’eau et souhaitent un débat approfondi sur cette thématique. L’objectif étant de comprendre ce que chaque acteur entend par la notion de droit à l’eau et quelles en seraient les applications concrètes.
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