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Contexte de la réunion de Dijon, 16 octobre 2006

2e rencontre du groupe Bridge initiative

L'eau pour tous au XXIe siècle
le 16 octobre 2006, Dijon

 

Contexte

Les chiffres soulignent une importante crise de l'eau : 1,1 milliards de personnes vivent aujourd'hui sans accès à l'eau potable. La situation de l'assainissement est dramatique : plus de deux personnes sur six manquent en effet de bon assainissement, soit 2,6 milliards de personnes dans le monde. 3900 enfants meurent chaque jour de maladies liées à l'eau (OMS 2004).

Il existe des inégalités importantes dans l'utilisation de l'eau. En Amérique du Nord et au Japon, l'usage de l'eau par habitant dans les secteurs résidentiels est de 350 litres, pour 200 en Europe, et seulement 10 à 20 litres en Afrique sub-saharienne.

Les organisations de la société civile pointent l'inefficacité de la communauté internationale au cours des trente dernières années, et des politiques qui ont rendu l'eau plus rare, alors que les institutions parlent du manque de gouvernance mondiale de la ressource et insistent sur le rôle non négligeable de la croissance démographique.

Les réactions de la société civile aux "privatisations" des services de l'eau en Amérique Latine ont été fortes en 2005. La société civile dénonce également le biais des financeurs vers des projets d'eau et d'assainissement régis par des opérateurs privés. Il est important pour les parties prenantes de comprendre pourquoi il existe aujourd'hui une opposition aussi forte à la gestion privée des services de l'eau. Cette confrontation semble être due non pas uniquement ou seulement aux différences idéologiques, mais également parce que les besoins des plus pauvres ne sont généralement pas pris en compte avec l'attention et le sens de l'urgence qu'ils devraient.

Une coalition pour un Contrat Mondial de l'Eau a été mise en place par des organisations de la société civile dans plusieurs pays, et se propose de s'étendre à d'autres pays. Cette coalition défend le droit à l'eau comme droit universel. Le mouvement de l'eau a été actif depuis les premiers forums sociaux à Porto Alegre (Brésil) en 2001 et 2002. Elle construit actuellement des propositions concrètes, telles que la reconnaissance de l'eau comme droit humain à hauteur de 40 litres / jour / personne, un prix progressif et différents systèmes de taxation assurant une solidarité entre utilisateurs.

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies ont défini comme Objectif 7 Cible 10 pour 2015 : " Réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable ".

Cet objectif apparaît comme un recul aux organisations de la société civile, puisque l'objectif de l'accès universel à l'eau dans les premières décennies du vingt-et-unième siècle avait été proclamé dans des plates-formes antérieures.

Activités du groupe eau de Bridge Initiative en 2005

A la différence d'autres processus de médiation exploratoire, ce processus a été initié à la demande d'une institution, l'Agence Française de Développement (AFD). Une première réunion a eu lieu le 4 novembre 2005 à Paris sur le thème : "L'eau pour tous au vingt-et-unième siècle", avec la participation de 20 personnes des secteurs suivants : agences de coopération et de financement, autorités publiques, universités et recherche, secteur privé, coalitions de la société civile, organisations non gouvernementales.

Selon l'évaluation faite par les participants, il y a eu à l'occasion de la rencontre du 4 novembre 2005 une bonne qualité d'écoute et de dialogue, et une reconnaissance générale du rôle et de l'existence de chaque type d'acteurs.

Les domaines de consensus sur l'Eau étaient plutôt larges pendant les discussions modérées par BI. Les participants se sont ainsi accordés sur les points suivants :

  • L'eau est un bien public, dont la propriété appartient aux autorités publiques
  • L'eau est un bien commun
  • Il faut se poser la question du financement de l'accès universel à l'eau
  • Il y a une diversité de modèles qui marchent ou peuvent marcher
  • Il faut être imaginatifs, créatifs, pour inventer des solutions

Le principal point de désaccord a porté sur la question de l'exemption de paiement. L'analyse des causes du manque d'efficacité du secteur public dans les pays en développement, ainsi que le contenu du modèle PPP ont également fait l'objet de discussions.

Les organisations de la société civile proposent aujourd'hui la reconnaissance de l'eau comme droit humain, comme bien commun et l'idée d'un Contrat Mondial de l'Eau.

Il existe suffisamment de thématiques pour que le groupe aille désormais plus loin dans le dialogue. Les attentes des participants portent sur la question du financement de l'eau et la question de la gratuité de l'eau. Les organisations de la société civile aimeraient pouvoir réaliser une évaluation des pratiques 1/ de la coopération française 2/ des institutions multilatérales comme la Banque mondiale.

La majorité des participants était demandeur d'un échange d'expériences sur des pratiques intéressantes (succès ou échecs) et sur les différents types de partenariats entre acteurs. Ils ont par ailleurs demandé à ce qu'il y ait plus de participation des populations du Sud et des quartiers pauvres lors des prochaines réunions.

Proposition pour la poursuite du dialogue en 2006

Bridge Initiative et l'Agence Française de Développement proposent d'organiser une nouvelle rencontre multi-acteurs en amont du Forum pour une Mondialisation Responsable de Lyon et de restituer les conclusions de ce dialogue pendant l'une des sessions du Forum.

La ville de Lyon organise en effet du 25 au 28 octobre 2006 un Forum international "pour une mondialisation responsable". La question de l'eau y sera traitée dans l'axe thématique "Quelles logiques financières pour un développement mieux partagé", sous la forme d'un atelier d'une demi-journée portant sur l'accès aux biens fondamentaux. Bridge Initiative est impliqué dans l'organisation de ce Forum et fait partie du comité d'orientation, chargé d'élaborer et de coordonner la réalisation du programme.

Les débats du Forum pour une Mondialisation Responsable seront ouverts à un public assez large (au moins 200 personnes attendues par atelier) ce qui ne correspond pas au format privilégié par BII pour poursuivre le dialogue sur l'eau. Cependant, l'atelier sur l'accès aux biens fondamentaux de ce forum pourra être l'occasion d'une restitution des activités du groupe Eau de Bridge Initiative, et de la réunion qui aura lieu peu avant.

Format, date et lieu proposés

 

Une réunion à huis clos le 16 octobre 2006 à Dijon

La rencontre aura lieu aux environs de Dijon et se déroulera sur toute la journée du 16 octobre avec un dîner le soir et une conclusion/ouverture au moment du petit déjeuner le 17 avant le départ des participants. La restitution des débats à l'occasion du Forum de Lyon se fera avec la présence de 4 ou 5 acteurs représentants l'ensemble des participants.

Dimanche 15 octobre : Dîner - prise de contact entre participants

Lundi 16 octobre : Réunion Eau. Présentation de cas, dialogue

Contenu

Pour répondre aux attentes des participants à la rencontre du 4 novembre dernier, l'objectif consistera à partir d'un ou deux cas concrets d'une ville et/ou région confrontée aux problèmes de l'accès et de la distribution d'eau et de faire réfléchir les participants aux solutions possibles. Nous proposons deux pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest pour la présentation de cas concrets : le Mali et le Maroc, qui présentent une diversité de modèles de gestion de l'eau.

Cette deuxième réunion du groupe Eau de Bridge Initiative prendra également en compte les résultats du 4e Forum Mondial de l'Eau à Mexico (mars 2006), et, sera l'occasion d'élargir la participation à davantage de personnes issues des autorités locales, des entreprises, et des pays du Sud.

[Contexte]



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